La mort programmée de la télévision et ses opportunités

5 ans… Cela fait 5 ans que je n’ai plus de postes de télévision chez moi. Je n’ai jamais été un grand consommateur de produits télévisuels, tout juste quelques séries de temps en temps. Ainsi, lorsque je suis devenu étudiant,je n’ai pas vu le besoin d’investir dans un écran de télévision avec les frais de redevance et d’abonnements internet supplémentaire que cela pouvait engendrer.

J’ai continué à consommer mes séries, j’ai découvert les joies des séries US et des avants-premières. Je suis devenu indépendant des diffusions aléatoires sur les chaînes françaises et j’ai organisé mes visionnages selon mon propre planning.

Le net nous offre de nouveaux modes de consommation de la culture

Jusque là, nous étions « esclaves » de la télévision. Dépendant d’un programme à une heure précise avec ses coupures de publicité. A l’époque nous avions tout de même le magnétoscope nous permettant de prévoir les enregistrements et revoir plus tard certains programmes. Cela comportait certaines joies (ah les débuts ou fins absentes) et nous n’échappions pas aux coupures publicités et à une qualité parfois mauvaise.

Maintenant avec des services comme youtube, dailymotion, netflix, nous pouvons regarder des contenus originaux ou de qualités et n’importe quand. Nous pouvons ajuster nos plannings et accéder à la culture n’importe où (qui prenait ses vhs au travail ?).

On trouve très facilement des contenus humoristiques (Koreus, Collegehumor, Golden Moustache et autres collectifs), des documentaires ou vidéos culturelles (Ted(X), programmes archivés, replay de certaines chaînes), des séries, de la musique, etc. Ces médias sont pour la plupart accessible gratuitement ou à faible coût et depuis la plupart des périphériques. Ceci à n’importe quel moment de la journée.

Comparé à ça, la télévision sur mobile fait sourire, qui voudrait utiliser une bonne partie de son forfait pour zapper entre les chaînes le temps d’un trajet dans le bus ? Hormis pour les programmes sportifs et quelques émissions en direct, cette façon de consommer est dépassée.

Mais la télévision apporte le contenu

Et c’est là, la grosse différence. La télévision évite de se poser la question « on regarde quoi ce soir ? ». On zappe et on arrive sur un programme. Internet foisonne tellement de contenu que nous ne savons pas forcément quoi regarder. Pour les séries ou chaînes youtube sympas, ce sont souvent des discussions qui reviennent entre amis mais pour d’autres types de programmes il est plus difficile de trouver des contenus intéressants. Personnellement, j’ai rassemblé plusieurs flux rss (flux d’actualités) de sites que j’apprécie sur des sujets qui me parlent et qui font remonter des contenus qui me concernent. Les gens que je suis sur twitter diffuse souvent du contenu qui me plait.

Le challenge d’organiser le contenu qui pourrait plaire

Mais comment une personne moins à l’aise sur les réseaux sociaux peut-elle trouver sa perle rare dans les richesses que propose internet ? Pour répondre à cette question, j’avais mis en place un groupe facebook pour partager du contenu que ce soit films ou « contenu libre » mais malheureusement la communauté était trop hétérogène et les propositions ne plaisaient souvent qu’à leur auteur.

La curation, le fait de rassembler des contenus qui pourrait plaire à nos pairs, est dans l’air du temps. Je pense qu’une plateforme permettant justement de « savoir quoi regarder » basé sur nos intérêts peut avoir un certain succès. L’aspect social permettant de découvrir de nouveaux programmes, d’enrichir sa culture et d’interagir avec un public ayant des goûts similaires aux nôtres. Les débats et les échanges autour d’un programme serait d’ailleurs plus facile et certainement plus pertinents que ce qu’on peut rencontrer sur twitter (essayez de suivre les hashtags de certaines chaînes !).

Et la Social TV ?

La Social TV est un coup marketing intéressant. En poussant les utilisateurs à commenter et à échanger sur les réseaux sociaux, les chaînes s’assurent une communauté et un public potentiellement plus fidèle. Le programme sort de l’écran et vient se balader dans le quotidien du spectateur. Mais à terme, la façon de consommer va changer et les chaînes devront aller plus loin.

Les sites de « rattrapages » qui permettent de visualiser les programmes en différés sont un premier pas qui évitent le piratage et donnent l’opportunité au spectateur de choisir ses horaires.

La télévision reste intéressante pour le sport et les émissions de divertissement qui sont ainsi financés. Mais on arrive maintenant au problème de la poule et de l’œuf. Qui a besoin de l’autre pour survivre ?
Netflix a mis un sacré coup au marché des séries. Cette société a fédéré une grosse communauté en diffusant, contre abonnements, les séries TV US. Maintenant ils sont devenus producteurs de séries et les revendent à certaines chaînes (Canal + par exemple). Du coup, à quoi bon avoir maintenant un abonnement aux chaînes câblées et être exposé à énormément de publicité ? Et pour une chaîne quel est son intérêt, si un concurrent rassemble toutes les séries du marché ? Netflix quant à lui à encore besoin des séries pour garder sa communauté, mais avec une masse critique d’utilisateurs les chaînes ne pourront plus se passer de lui…

En conclusion

La grosse problématique de la télévision est sa dépendance dans le temps. Les programmes ne sont pas accessibles n’importe quand. Mais le net ne permet pas encore assez de choisir le contenu sans se poser de questions, un effort est à réaliser pour aller trouver quelque chose d’intéressant au risque d’être déçu. La question « on regarde quoi ce soir » va maintenant impliquer une réflexion profonde face à la masse de contenus disponibles. Nous ne voudrions pas nous retrouver devant Youtube à cliquer aléatoirement comme nous nous retrouvons à zapper devant un poste de télévision ?

De nombreuses opportunités sont là pour révolutionner notre façon de consommer de la vidéo, à commencer par la curation du contenu en lui-même. Les business models sont en train d’évoluer pour compenser la diminution de l’impact de la « coupure publicitaire ». Comment financer une série ou un documentaire ? Comment monétiser une vidéo en libre accès ?

 

3 commentaires


  1. L’intérêt qu’on peut avoir en cliquant au hasard sur youtube est notre bien aimée sérendipité qui nous fait parfois découvrir de nouvelles chaines sympathiques, surtout depuis que Youtube nous redirige après chaque fin de vidéo vers une nouvelle suggérée

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  2. jeremy

    La mort programmee est souvent appelee obsolescence programmee. Il s agit d une pratique que les industries utilisent assez souvent pour reussir a vendre leurs marchandises. Elles fabriquent des produits qui vont briser de maniere calculee apres un certains temps, ou qui ne vont plus etre a la mode pour forcer le consommateur a acheter de la nouvelle marchandise.

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    • On ne parle pas de marchandise mais plus d’un concept, d’une façon de consommer la culture. On ne parle pas de l’écran mais de l’industrie médiatique derrière qui va devoir rebondir pour diffuser son contenu et trouver de nouveaux moyens de se monétiser.

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